lundi 8 mai 2017

Transcription du premier discours d'Emmanuel Macron, nouveau président

Voici la transcription du premier discours officiel du nouveau président de la République Emmanuel Macron, prononcé au terme du second tour de la présidentielle. Vous pouvez faire appel à la transcription ci-dessous pour faire de l'exercice de compréhension orale. Faites attention car pendant son discours il prononce beaucoup de liaisons qui ne sont pas obligatoires dans le langage quotidien. En bas, vous trouverez aussi la définition des mots difficiles.

Le discours commence précisément à 44 secondes.


« Françaises, Français, mes chers compatriotes de Métropole, de l’Outre-Mer et de l’étranger. A l’issue d’une longue confrontation démocratique, vous avez choisi de m’accorder votre confiance, et je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude. C’est un grand honneur et c’est une grande responsabilité, car rien n’était écrit. Je veux vous dire merci. Merci du fond du cœur.▼


Ma gratitude va à tous ceux d'entre vous qui m’ont apporté leur suffrage1 et leur soutien. Je ne vous oublierai pas. Je mettrai tout mon soin et toute mon énergie à être digne de votre confiance. Mais dans cet instant c’est à vous tous, citoyens de notre pays, que je veux m’adresser, quel qu’ait été votre choix. Bien des difficultés nous ont affaiblis2 depuis trop longtemps. Je n’en méconnais3 aucune. Ni les difficultés économiques, ni les fractures sociales, ni les impasses4 démocratiques ni l’affaiblissement morale de notre pays.

Je veux ce soir adresser un salut républicain à mon adversaire, madame Le Pen. Je sais les divisions de notre nation qui ont conduit certains à des votes extrêmes. Je les respecte. Je sais la colère, l’anxiété, le doute qu’une grande partie d’entre vous ont aussi exprimé. Il est de ma responsabilité de les entendre, en protegeant les plus fragiles, en organisant mieux les solidarités, en luttant contre toutes les formes d'illegalité ou de discrimination, en assurant de manière implacable5 et résolue votre sécurité, en garantissant l'unité de la Nation, car derrière chacun des mots que je viens de prononcer, je sais quil y a des visages, des femmes et des hommes, des enfants et des familles, des vies entières. Il y a vous et les vôtre.

Ce soir, c’est à vous tous que je m’adresse. Vous tous ensemble, le peuple de France. Nous avons des devoirs envers notre pays. Nous sommes les héritiers d’une grande histoire et du grand message humaniste adressé au monde. Cette histoire et ce message, nous devons les transmettre d’abord à nos enfants, mais plus important encore, il nous faut les porter vers l’avenir et leur donner une sève6 nouvelle. Je défendrai la France, ses intérêts vitaux, son image, son message, j’en prends l’engagement devant vous, je défendrai l’Europe, la communauté de destins que se sont donnée les peuples de notre continent. C’est notre civilisation qui est en jeu, notre manière de vivre, d’être libre, de porter nos valeurs, nos entreprises communes et nos espoirs. J’œuvrerai à retisser7 le lien entre l’Europe et les peuples qui la forment, entre l’Europe et les citoyens.

J’adresse en votre nom aux Nations du monde le salut de la France fraternelle. Je dis à leurs dirigeants que la France sera présente et attentive à la paix, à l’équilibre des puissances, à la coopération internationale, aux respects des engagements pris en matière de développement et de lutte contre le réchauffement climatique. Je dis à tous que la France sera au premier rang de la lutte contre le terrorisme sur son sol, aussi bien que dans l’action internationale. Aussi longtemps que ce combat devra être mené, nous le mènerons sans faiblir.

Mes chers concitoyens, une nouvelle page de notre longue histoire s’ouvre ce soir. Je veux que ce soit celle de l’espoir et de la confiance retrouvée. Le renouvèlement de notre vie publique s’imposera à tous dès demain. La moralisation de notre vie publique, la reconnaissance du pluralisme, la vitalité démocratique seront dès le premier jour le socle8 de mon action. Je ne me laisserai arrêter par aucun obstacle. J’agirai avec détermination et dans le respect de chacun. Car par le travail, l’école, la culture, nous construirons un avenir meilleur. 

Françaises, Français, mes chers concitoyens, je veux ce soir saluer le président Hollande. Il a pendant cinq ans œuvré pour notre pays. Durant les cinq années qui s’ouvrent, ma responsabilité sera d’apaiser les peurs, de nous faire renouer avec l’optimisme, de retrouver l’esprit de conquête qui dit mieux que tout le génie français. Ma responsabilité sera de rassembler toutes les femmes et tous les hommes prêts à affronter les défis gigantesques qui nous attendent et à agir. Certains de ces défis sont des chances, comme la révolution numérique, la transition écologique, le redémarrage de l’Europe d’autres des menaces comme le terrorisme. Je me battrai de toutes les forces contre la division qui nous mine9 et nous abat. C’est ainsi que nous pourrons rendre au peuple français à chacune et chacun d’entre vous, dans sa vie professionnelle, personnelle et familiale, les chances que la France lui doit. 


Aimons la France. A compter de ce soir et pour les cinq années qui viennent, je vais avec humilité, avec dévouement, avec détermination, la servir en votre nom. Vive la République, vive la France. »

Notes :

1suffrage : le suffrage est l'expression du vote d'un individu, sa prise de position par rapport à un sujet. 
2affaiblir : rendre faible.
3méconnaître : ne pas reconnaître comme vrai, ne pas admettre, ne pas accepter. La tournure ne pas méconnaître veut donc dire admettre.
4impasse : position sans issues favorables.
5implacable : dont la violence et la dureté restent inflexibles.
6sève : vigueur. 
7retisser : relier.
8socle : base, support.
9miner : ruiner, affaiblir, consumer.

Conseils de lecture :



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