vendredi 5 mai 2017

Les Parisiens sont pires que vous ne le croyez - Louis-Bernard Robitaille, traduit en italien

Voici quelques passages tirés du livre Les Parisiens sont pires que vous ne le croyez de Louis-Bernard Robitaille, écrivain et journaliste québécois, traduits en italien par moi-même.

Qualche passaggio tratto dal libro Les Parisiens sont pires que vous ne le croyez (I parigini sono peggio di quanto crediate) di Louis-Bernard Robitaille, ancora inedito in italiano.▼



 Le cadeau d'Adolphe Thiers

aaaaaaaaaaaaaaaaaaLe Parisien est un personnage survolté. Paris est un champ de bataille. Une cocotte-minute dont l'inventeur, on verra, est un certain Adolphe Thiers, mieux connu pour ses exploits de « massacreur de la Commune ». Simple coïncidence, mais dans cette ville on s'échauffe aisément, pour un oui ou pour un non. Au café, le garçon s'empresse de vous chasser de la table que vous venez de trouver en bordure de terrasse au prétexte qu'elle est déjà réservée, ou qu'il escompte y caser quattre clients, ou encore qu'à partir de onze heures du matin elle est « montée » pour le déjeuner et que vous serez bien plus tranquille au fond du café face aux toilettes. Le buraliste accepte de vous vendre des cigarettes ou des timbres, mais en vous faisant comprendre avec l'amabilité d'un bouledogue qu'il s'agit d'une faveur relevant de son libre arbitre, et si ça ne vous convient pas vous pouvez toujors aller ailleurs, il y a des tabacs à tous les coins de rue et d'ailleurs ça ne me rapporte rien, des clopinettes ! Le chaffeur de taxi balance entre l'intimidation et le fatalisme désabusé avant même que vous ayez indiqué votre destination et vous fait comprendre, si vous exprimez des doutes sur la direction qu'il a empruntée, qu'il n'a pas besoin de vos conseils pour choisir l'itinéraire. Si naïvement vous vous avisez de lui faire remarquer que vous avez attendu vingt bonnes minuutes avant de voir apparaître une voiture libre, il vous fait savoir sur un ton lourd de menaces qu'il y a déjà bien trop de taxis dans Paris mais qu'ils sont tous coincés dans les bouchons. D'ailleurs vous vous trouvez justement rue de Rivoli, dans un embouteillage terminal où les automobilistes se défient du regard quand ils se trouvent bord à bord, chacun soupçonnant l'autre de profiter d'un moment d'inattention pour le doubler d'une superbe queue de poisson. Sous vos yeux et jusqu'à l'horizon, un amas de tôles surchauffées parfois animé de coups de klaxon nerveux et de bordées d'injures des plus diverses – alors t'avances ton tas de ferraille eh ducon ! –, tandis que des nuées de desperados à deux roues se faufilent entre les voitures lorsqu'il reste le moindre espace, envahissent les couloirs de bus, bondissent sur les trottoirs lorsqu'il n'y a pas d'autre issue et surgissent à nouveau sur la chaussée pour se remettre en pole position au prochain feu de circulation. Très souvent il s'agit de coursiers, francs-tireurs qui constituent une sorte de poste urbaine parallèle et passent leurs journées à sillonner la ville pour le compte d'innombrables services de messagerie. Le coursier est un personnage hautement emblématique, une célébrité locale. Bien sûr, il existe, surtout dans la matinée, des îlots de paix et de tranquillité, microquartiers situés à l'écart des principales voies de circulation, portions urbaines situées loin du centre-ville, squares et jardins. Mais même ces oasis commencent à se peupler dès le début de l'après-midi, pour peu qu'il ne fasse pas un froid polaire ou qu'il ne tombe pas des hallebardes : dans le Marais, purement résidentiel et préservé des badauds il y a un quart de siècle, la place des Vosges, devenue le rendez-vous des cars de touristes, ou la rue des Francs-Bourgeois, désormais investie par les boutiques de vêtements, grouillent de monde dès qu'il y a un rayon de soleil et parfois quand il n'y en a pas. Le parc des Buttes-Chaumont ressemble au paradis terrestre, à condition de le fréquenter à onze heures du matin, en dehors des week-ends et des vacances scolaires. Il y a des grandes villes occidentales où l'on doit presque chercher la foule : à Londres, vous vous croirez dans une ville de province si vous vous cantonnez aux quartiers de Chelsea ou South Kensington, encore mieux Hampstead, si vous évitez Oxford Street et les abords des gares. À Paris c'est le contraire : il faut être fin connaisseur pour échapper à la foule. Partout règnent le vacarme et la promiscuité. Exemple, le secteur des Grands Boulevards, régi par une activité ininterrompue de six heures du matin à minuit. Les rues du Sentier sont perpétuellement surpeuplées parce que c'est le Sentier, le temple de la fringue. Les quartiers des gares sont normalement agités du mmatin au soir et deviennent frénétiques aux heures de pointe. Il en va de même des abords des Galeries Lafayette ou du Bazar de l'Hôtel de Ville en temps normal. Dans les semaines précédant les fêtes de fin d'année ou pendant les soldes, on y risque sa vie dans les mouvements de foule. Mais pour quiconque est un usager régulier du métro, du redoutable RER, des stations Châtelet ou Gare-du-Nord aux heures de pointe, cette concentration humaine n'a rien que de très banal.


Carrez, l'inconnu le plus célèbre


C'est l'inconnu le plus célèbre à Paris. Personne ne sait vraiment ce qu'il a fait dans la vie, si même il a vraiment existé. C'est comme les ampoules : elles ont six ou vingt ampères, du nom de l'unité internationale d'intensité électrique, mais qui se souvient d'André-Marie Ampère ? Ainsi pour Gilles Carrez : son patronyme est si obsédant qu'on n'imagine même pas qu'il s'agit d'un député UMP en chair et en os, devenu en 2012 président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Carrez est le nom d'une abstraction ou d'un mirage pour une foule innombrable : les locataires qui rêvent de devenir un jour propriétaires et s'arrêtent devant la vitrine de toutes les agences immobilières, les jeunes couples étouffant dans leurs trente mètres carrés, les cadres en pleine ascension sociale qui songent à s'installer dans plus grand, les retraités qui veulent vendre au meilleur prix possible pour aller profiter de leurs vieux jours au bord de la Méditerranée. Le 18 décembre 1996, sous le gouvernement d'Alain Juppé, l'Assemblée nationale adopta une loi portant le nom de Gilles Carrez, et qui faisait obligation à tout vendeur de produire un métrage officiel et précis du bien immobilier concerné, lequel se retrouvera à la virgule près dans l'acte de vente. Vous croyiez avoir acheté un appartement de quarante-huit mètres carrés dans le 11ème arrondissement. Erreur : l'acte de vente vous précise que l'appartement en question mesure en fait 47,88 mètres carrés, ni plus ni moins. Avant décembre 1996, le mètre carré parisien était déjà une matière précieuse : quatre-vingt-dix et quatre-ving-quinze mètres carrés, ce n'était ni la même chose ni le même prix. Le lingot restait de confection artisanale. On vous en donnait le poids approximatif mais il valait mieux vérifier par vous-même s'il n'y avait pas tricherie dans les calculs. Depuis la contribution de Gilles Carrez au code civil, on a désormais affaire à des lingots certifiés par la Banque de France : quand un agent immobilier vous annonce 48 mètres carrés, vous pouvez y fier, d'ailleurs il s'empressera d'exhiber la cote officielle, ce fameux 47,88 qui figure sur la fiche du produit de vente. C'est le chiffre en loi Carrez, bien entendu, vous dit l'agent immobilier en son agence. Ce qui clôt la discussion.
Le mètre carré en loi Carrez, on le sait, est constitué de tout espace habitable dont la hauteur sous plafond est d'au moins un mètre quatre-vingts. Ce qui entraîne dans bien des cas cet important distinguo lorsqu'on a une surface habitable, disons, de quatre-ving-douze mètres carrés au sol, mais de soixante-quinze en loi Carrez. Parfois il s'agit d'un appartement aménagé dans un ancien grenier ou dans trois chambres de bonne réunies, parfois au contraire, dans un espace très haut de plafond, on aura créé de la surface habitable en construisant une loggia où l'on peut à peinte tenir debout, et donc hors loi Carrez.


La revanche du provincial

Voici la bonne nouvelle : on peut rester un vrai provincial et être en même temps le Parisien le plus authentique qui soit, plein d'assurance tranquille et de malice, à l'occasion désagréable et intolérant. Le vrai Parisien, on l'a dit, se reconnaît au fait qu'il est parfaitement à l'aise dans son environnement, reconu et respecté par ses pairs dans son milieu et sa corporation. Certains provinciaux arrivés dans la capitale dans la vingtaine en sont les parfaites illustrations : ils sont devenus des seigneurs, des puissances locales redoutées, même si leur nom n'apparaît jamais dans les pages people des magazines, car ils cultivent la discrétion.
Il est courant, on l'a vu, de se moquer des provinciaux qui se perdent dans les rues de la capitale et croient qu'Éric-Emmanuel Schmitt est un grand auteur de théâtre. Dans Les Parisiens, il y a près d'un quart de siècle, Alain Schifres brossait d'eux un portrait à peine acidulé :

Le provincial, c'est un monsieur ou une dame qui ne fréquente pas les salons, mais revient du Salon. On l'observe tout au long de l'année sur la ligne n°12 : celle qui mène à la porte de Versailles. Son attitude est bizarre. Il s'assoit sans vérifier si la banquette est propre. Il regarde le billet manuscrit que lui tend la Yougoslave au bébé endormi dans les bras. Il ouvre son Parisien à la page « Cabarets ». Surtout il échange des plaisanteries bon enfant avec ses compagnons.

Mais on trouve également des provinciaux qui ne se perdent jamais dans Paris et savent toujours où ils vont car pour l'essentiel ils ne se déplacent qu'à l'intérieur d'un circuit sécurisé où à chaque étape ils trouvent un visage familier, un allié sûr.
Il existe à proximité du métro Odéon un hôtel discret jouissant depuis sa reprise en main et sa rénovation il y a quelques années d'une belle réputation et de notations flatteuses dans les guides au rayon des établissements de charme. L'hôtel est d'autant plus prisé qu'il possède également un restaurant-bistrot de haut niveau et un bar à tapas qui fait salle comble à l'heure de l'apéritif. Ce mini-complexe touristique a une clientèle parisienne triée sur le volet, et il est impératif de réserver pour avoir une table au restaurant.
Le propriétaire des lieux, que nous appellerons M***, est natif d'une ville moyenne située en bord de Méditerranée. Son établissement a beau faire partie des lieux estampillés parisiens, il est également le point de chute d'une multitude de  personnalités originaires de sa région natale. Comme par hasard, vous retrouvez pour l'apéro les chefs de cabinet de deux villes voisines de cette même région méditerranéenne, un homme d'affaires qui a réussi dans l'immobilier, un négociant en vins qui étale sa fortune et ses exploits amoureux. Si vous grattez un peu, vous constatez que tout ce que cette mini-région compte de notables, de maires, de présidents de chambre de commerce et d'industrie se donne rendez-vous chez l'ami M***, qui aura toujours une chambre disponible pour ses pays. Il se fait un point d'honneur de leur réserver un traitement préférentiel, de négliger au besoin de riches clients américains ou de petites célébrités parisiennes pour faire la conversation avec ses compatriotes du Sud.


Il regalo di Adolphe Thiers

aaaaaaaaaaaIl parigino è un personaggio sovraeccitato. Parigi è un campo di battaglia. Una pentola a pressione il cui inventore, lo vedremo, è un certo Adolphe Thiers, meglio conosciuto per le sue imprese come "macellaio della Comune". Una semplice coincidenza, ma in questa città ci si scalda facilmente, per un nonnulla. Al bar, il cameriere si affretta a cacciarvi dal tavolo che avete appena trovato sul limitare della terrazza col pretesto che è già stato prenotato, o che spera di sistemarci quattro clienti, o ancora che dalle undici di mattina è "attrezzata" per la colazione e che stareste ben più tranquillo in fondo al bar davanti alla toilette. Il tabacchino accetta di vendervi delle sigarette o dei francobolli, ma facendovi capire con la gentilezza di un bulldog che si tratta di un favore che esula dal suo libero arbitrio, e se questo non vi va bene, potete sempre andare da un'altra parte, ci sono delle tabaccherie ad ogni angolo e d'altronde, non ci guadagno niente, delle briciole! Il tassista oscilla tra l'intimidazione e il fatalismo disincantato ancora prima che gli abbiate indicato la vostra destinazione e vi fa capire, se esprimete i vostri dubbi sulla direzione che ha preso, che non ha bisogno dei vostri consigli per scegliere l'itinerario. Così ingenuamente vi azzardate a fargli notare che avete aspettato ben venti minuti prima di veder apparire un'auto libera. Lui, vi fa sapere con un tono pesante di minacce che ci sono già ben troppi taxi a Parigi ma che sono tutti bloccati nel traffico. D'altronde, vi trovate proprio in rue de Rivoli, in un imbottigliamento terminale dove gli automobilisti si sfidano con lo sguardo quando si trovano fianco a fianco, e ognuno sospetta l'altro di voler approfitare di un momento d'inattenzione per sorpassare tagliando superbamente la strada. Sotto i vostri occhi e fino all'orizzonte, un cumulo di lamiere surriscaldate talvolta animato da nervosi colpi di clacson e da bordate di insulti tra i più diversi – allora vai avanti con il tuo mucchio di ferraglia eh idiota -, mentre uno sciame di fuorilegge a due ruote si infila tra le auto quando resta anche il più piccolo spazio, invade la corsia degli autobus, balza sui marciapiedi quando non ci sono altre vie e spunta di nuovo sulla carreggiata per rimettersi in pole position al semaforo seguente. Spesso si tratta di corrieri, franchi tiratori che rappresentano una specie di posta urbana parallela e che passano le loro giornate a solcare la città per il conto di innumerevoli servizi di corrispondenza. Il corriere è un personaggio altamente emblematico, una celebrità locale. Certo, esistono, soprattutto durante la mattinata, degli isolotti di pace e tranquillità, microquartieri situati fuori dalle principali vie di circolazione, porzioni urbane situate lontano dal centro città, piazze o giardini. Ma anche queste oasi cominciano a popolarsi già dal primo pomeriggio, per poco che non faccia un freddo polare o che piova a dirotto : nel Marais, puramente residenziale e al riparo dai curiosi fino a un secolo fa, la place des Vosges, divenuta il luogo d'incontro dei pullman turistici, o la strada dei Franco-borghesi, ormai invasa dalle boutique, brulicano di gente già dal primo raggio di sole e, a volte, anche quando non ce ne sono. Il parco di Buttes-Chaumont sembra un paradiso terrestre, a condizione di frequentarlo alle undici del mattino, al di fuori dei week-end e delle vacanze scolastiche. Ci sono delle città occidentali in cui bisogna quasi cercare la folla: a Londra, vi potreste credere in una città di provincia se vi limitate ai quartieri di Chelsea o di South Kensington, ancora meglio a Hampstead, se evitate Oxford Street e i dintorni delle stazioni. A Parigi, è il contrario: bisogna essere dei fini conoscitori per scappare dalla folla. Ovunque regna il fracasso e la promiscuità. Un esempio, il settore dei Grands Boulevards, retto da un'attività ininterrotta dalle sei del mattino a mezzanotte. Le vie del Sentier sono costantemente sovrappopolate perché è il Sentier, il tempio della roba da vestire. I quartieri delle stazioni sono solitamente movimentati dalla mattina alla sera e diventano frenetici alle ore di punta. Lo stesso per i dintorni delle Galeries Lafayette o del Bazar dell'Hôtel de Ville, in circostanze normali. Durante le settimane prima delle feste di fine anno o durante i saldi, ci si rischia la vita nei movimenti della folla. Ma per chiunque sia un utente abituale della metro, della temibile RER, delle stazioni Châtelet o Gare-du-Nord alle ore di punta, questa concentrazione umana è nient'altro che banale.



Carrez, lo sconosciuto più famoso


È lo sconosciuto più famoso di Parigi. Nessuno sa veramente cos'ha fatto nella vita, neanche se sia mai esistito. È come le lampadine: hanno sei o venti ampere, dal nome dell'unità internazionale dell'intensità elettrica, ma chi si ricorda di André-Marie Ampère? Lo stesso per Gilles Carrez: il suo patronimico è così ossessionante da non potersi neanche immaginare che si tratta di un deputato dell'UMP (Unione per un Movimento Popolare) in carne ed ossa, divenuto nel 2012 presidente della commissione delle Finanze dell'Assemblea Nazionale. Carrez è il nome di un'astrazione o di un miraggio per una folla immensa: gli affittuari che sognano di diventare un giorno proprietari et si fermano davanti alla vetrina di tutte le agenzie immobiliari, le giovani coppie che soffocano nei loro trenta metri quadrati, i dirigenti in piena ascesa sociale che sperano di sistemarsi in più spazio, i pensionati che vogliono vendere al miglior prezzo possibile per andarsi a godere i loro ultimi giorni sul bordo del Mediterraneo. Il 18 dicembre 1996, sotto il governo di Alain Juppé, l'Assemblea nazionale adottò una legge che portava il nome di Gilles Carrez, e che obbligava tutti i venditori a fornire una metratura ufficiale e precisa del bene immobiliare interessato, il quale sarà riportato tale e quale nell'atto di vendità. Pensavate di aver comprato un appartamento di quarantotto metri quadrati nell'undicesimo arrondissement. Errore : l'atto di vendita vi precisa che l'appartamento in question misura in realtà 47,88 metri quadrati, non uno di più, non uno di meno. Prima del dicembre 1996, il metro quadrato parigino era già una materia preziosa: novanta e novantacinque metri quadrati non erano né la stessa cosa né lo stesso prezzo. Il lingotto rimaneva di preparazione artigianale. Ve ne davano il peso approssimativo ma era meglio verificare da sé che non ci fossero imbrogli nei calcoli. A partire dal contributo di Gilles Carrez al codice civile, abbiamo ormai a che fare con dei lingotti certificati dalla Banca di Francia: quando un agente immobiliare vi dice 48 metri quadrati, potete fidarvi di lui. D'altronde, si affretterà ad esibire la quotazione ufficiale, quel famoso 47,88 che figura sulla cartella del prodotto da vendere. È il valore secondo la legge Carrez, ovviamente, vi dice l'agente immobiliare nella sua agenzia. Cosa che conclude la discussione.
Il metro quadrato secondo la legge Carrez, lo sappiamo, è costituito da ogni spazio abitabile la cui altezza al soffitto è di almeno un metro e ottanta, cosa che comporta in molti casi un importante distinzione quando si ha una superficie abitabile, diciamo, di novantadue metri quadrati al pavimento, ma di settantacinque secondo la legge Carrez. A volte, si parla di un appartamento sistemato in una vecchia mansarda o in tre monolocali riuniti, a volte, al contrario, in uno spazio dal soffitto molto alto, avranno creato della superficie abitabile costruendo una loggia dove si può appena stare in piedi, e quindi fuori legge Carrez.


La rivincita del provinciale

Ecco la buona notizia: si puo rimanere un vero provinciale e essere allo stesso tempo il parigino più autentico che ci sia, pieno di sicurezza tranquilla et di malizia, all'occorrenza sgradevole et intollerante. Il vero parigino, l'abbiamo detto, si riconosce dal fatto che si trova perfettamente a suo agio nel suo ambiente, riconosciuto e rispettato dai suoi pari e dalla sua corporazione. Certi provinciali arrivati nella capitale sulla ventina ne sono il perfetto esempio: sono diventati dei signori, delle potenze locali temute, anche se il loro nome non compare mai nelle pagine people delle riviste, in quanto coltivano l'indiscrezione.
È frequente, l'abbiamo visto, prendersi gioco dei provinciali che si perdono nelle vie della capitale e che credono che Éric-Emmanuel Schmitt sia un grande autore di teatro. Ne Les Parisiens, quasi un quarto di secolo fa, Alain Schifres ne abbozzava un ritratto appena acidulo :

Il provinciale è un signore o una signora che non frequenta i saloni, ma che torna dal Salon. Lo si può osservare durante tutto l'anno sulla linea numero 12 : quella che porta a porte de Versailles. Il suo atteggiamento è bizzarro. Si siede senza verificare se la panchina è pulita. Guarda il biglietto scritto a mano che gli tende la jugoslava con il bimbo addormentato tra le braccia. Apre il suo Parisien alla pagina "Cabarets". E soprattutto scambia delle battute amichevoli con i suoi amici.

Ma ci sono anche dei provinciali che non si perdono mai a Parigi e che sanno sempre dove vanno perché per l'essenziale si spostano solo all'interno di un circuito protetto  in cui a ciascuna tappa trovano un viso familiare, un alleato sicuro.
Esiste in prossimità della metro Odéon un hotel discreto che gode dalla sua ripresa in mano e dal suo rinnovamento di una bella reputazione e di valutazioni lusinghiere nelle guide alla sezione degli edifici di charme. L'hotel è altamente stimato tanto più che possiede anche un ristorante-bistrot di alto livello e un bar di tapas che riempie la sala all'ora dell'aperitivo. Questo mini-complesso turistico ha una clientela parigina esclusiva ed è d'obbligo prenotare per avere un tavolo al ristorante. Il proprietario dei locali, che chiameremo M***, è originario di una città media sul bordo del Mediterraneo. Il suo complesso può anche far parte dei luoghi marcati parigini, ma è ugualmente la tappa di une moltitudine di personalità originarie della sua regione natale. Come per caso, ci trovate per un aperitivo i capi di gabinetto delle due città vicine di quella stessa regione mediterranea, un uomo d'affari che ha fatto carriera nell'immobiliare, un negoziante di vini che sfoggia la sua fortuna e le sue imprese amorose. Se scavate un po' a fondo, constaterete che tutto quello che questa mini regione conta di notabili, sindaci, presidenti di camere di commercio e d'industria si dà appuntamento dall'amico M***, che avrà sempre una camera disponibile per i suoi compaesani. Per lui, è una questione d'onore riservare loro un trattamento preferenziale, trascurare al bisogno ricchi clienti americani o piccole celebrità parigine per fare due chiacchiere con i suoi compatrioti del sud.kkkkkkkkkkkkkk

2 commentaires:

  1. Textes très intéressants. Traduction fluide et très naturelle. Juste une petite question: la traduction de "buraliste" par "tabacchino"? J'aurais proposé "tabacchaio" ... :-)

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    1. J'ai toujours du mal à choisir entre les mots "tabaccaio" et "tabacchino". Personnellement, j'utilise plus souvent le deuxième, mais le premier, celui que vous avez proposé, pourrait en effet être meilleur !

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